Vélizy 2 : Prison ferme et 30 000€ d’amende pour le faux poseur de bombe

Centre commercial Vélizy 2La sentence de Pascal.D – l’Yvelinois qui a créé la terreur au centre commercial Vélizy 2 en y posant une fausse bombe le 22 février dernier – vient de tomber à l’issue de son procès. L’homme écope de 2 ans de prison dont 6 mois avec sursis et de 30 000€ d’amende.

Sa fascination dérangeante pour les forces de l’ordre, le guidant à la mise en scène déroutante d’une simulation d’attentat, lui aura finalement coûté très cher. Jugé au Tribunal Correctionnel de Versailles le vendredi 31 mars, Pascal.D en est reparti menotté pour rejoindre la population carcérale francilienne. Alors que la procureure de la République exigeait en guise de réparations pour le conséquent préjudice occasionné 2 ans de prison ferme et une amende de 30 000€ pour rembourser les dommages (voitures explosézs lors de l’intervention, atteinte à l’image du centre commercial,…), la justice se sera montrée plus clémente. L’homme ne réalisera que 18 mois de prison ferme, devra se soumettre à un suivi psychiatrique et n’est plus autorisé à pénétrer au sein de Vélizy 2 pendant 3 ans.

“Une grosse bêtise”, “une idée idiote”

L’Yvelinois, ancien gardien d’immeuble de 54 ans, a reconnu l’intégralité des faits, admettant que son douteux canular était “une grosse bêtise”, totalement spontanée. Pourtant, ce dernier affirme avoir déposé la cocotte minute Seb de sa femme dans le coffre de sa voiture de fonction (détruite par les démineurs) deux jours plus tôt, dans l’idée “de s’en débarrasser”.

Christophe Morgan, président de la cour : “Si la cocotte faisait bip, c’était pour quoi ? Pour faire croire à une bombe ?
Pascal.D : Oui… C’est une idée idiote qui m’est venue comme ça. Le matin, je ne savais même pas que j’allais me rendre à Vélizy. Je ne pensais pas que cela prendrait une telle ampleur. Et oui, j’avais comme objectif de voir une intervention en vrai.
Christophe Morgan : Tout cela est incroyable Monsieur ! Vous vous rendez compte de la peur que vous avez provoquée ? C’était pour occuper la vacuité de votre existence ? Vous êtes content de vous Monsieur ? Vous avez fait perdre du temps à tout le monde, vous avez causé de la peur… Tout ça parce que vous êtes un passionné du Raid !
Pascal.D : J’ai été moi aussi traumatisé par toute l’intervention, quand le Raid est arrivé en face de moi, m’a plaqué au sol et m’a menotté. Je ne voulais pas nuire.
Christophe Morgan : Ah bon ? Près de 250 personnes se sont déplacées et vous ne vouliez pas nuire ?
Pascal.D : Je ne pensais pas que ça prendrait de telles proportions. Je n’avais pas d’objectif précis. J’ai conscience que j’ai fait un acte qui n’était pas réfléchi, j’ai eu cinq semaines pour y penser en prison. Je le regrette vraiment, je suis en train de tout perdre”.

Une fascination pour les forces de l’ordre ou pour le terrorisme ?

Questionné sur les trouvailles faites par son employeur dans son casier (un livre sur les coulisses du 13 novembre 2015, une coupure de presse sur l’état d’urgence et un petit carnet contenant l’adresse du Comptoir Voltaire, bar victime des tirs des kamikazes), Pascal.D répond n’avoir développé “aucune fascination pour les attentats” et avoir simplement souhaité “suivre les affaires”, avant d’indiquer avoir noté l’adresse du bar visé par les attaques de Paris pour s’y rendre par pur geste de “solidarité”. Catastrophée, Corinne Moreau, la procureure de la République, tonne : “Il y a chez vous une fascination pour le pire. Comment osez-vous ? Sept mois après Nice, huit mois après Magnanville, qui était déjà dans ce département, 13 mois après le Bataclan ? Vous avez organisé et prémédité votre mauvaise blague. Vous avez même posté une alerte sur Facebook une heure après la découverte de votre fausse bombe. Tout ça pour ça, disait Shakespeare. Pour cette fascination du pire, je requiers deux ans de prison et 30 000€ d’amende. Le maximum que propose la loi”.

Denis Solanet, l’avocat de Pascal.D, a néanmoins tenu à réaffirmer que son client n’idolâtrait nullement le terrorisme mais démontrait effectivement une “fascination négative et morbide pour les policiers”. “Il va devoir comprendre comment il a pu détruire l’ensemble de son existence en commettant cet acte odieux. Un acte dont il devra assumer toute sa vie les conséquences financières. Une procédure de licenciement est en cours et son épouse veut demander le divorce” a rajouté Denis Solanet.

L’expertise psychologique approfondie de Pascal.D, dont la commande est à l’origine du renvoi du procès de ce dernier du 24 février au 31 mars, a mis en lumière une intelligence “supérieure à la moyenne” et une personnalité réfléchie non soumise à l’impulsivité. L’expert a toutefois recommandé de prendre garde à une éventuelle récidive, dénotant chez l’Yvelinois une “petite dimension perverse”.

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